Depuis plus de quinze ans, la valeur du point d’indice du CEA est gelée. Quinze années durant lesquelles l’inflation a progressivement érodé le pouvoir d’achat des salariés, alors même que les missions du CEA n’ont cessé de se développer.
Nucléaire, énergie, santé, numérique, défense… les ambitions de l’établissement grandissent, mais les rémunérations, elles, restent durablement bloquées.
En 2026, cette situation a conduit à une mobilisation nationale inédite.
Un combat engagé de longue date
La CFE-CGC SICTAM n’a pas attendu les premiers débrayages pour porter les revendications des salariés. Dès le lancement des négociations sociales 2026, le syndicat demandait :
- la revalorisation de la valeur du point d’indice ;
- une politique salariale plus collective et plus transparente ;
- une meilleure reconnaissance des compétences ;
- des moyens humains à la hauteur des ambitions du CEA.
Quelques jours plus tard, la CFE-CGC SICTAM alertait également sur les limites des orientations stratégiques 2025-2030 : toujours plus de missions… sans augmentation significative des effectifs.
Le souvenir de 2022
Les salariés savent que la mobilisation peut porter ses fruits.
Le mouvement social de 2021-2022 avait permis d’obtenir un accord salarial important, signé notamment par la CFE-CGC, avec des augmentations générales pérennes et un rattrapage rétroactif.
Cette victoire avait démontré qu’un dialogue social exigeant, appuyé par la mobilisation des personnels, pouvait faire évoluer les positions.
Une NAO 2025 qui laisse un goût amer
À l’inverse, les négociations annuelles obligatoires de 2025 n’ont pas répondu aux attentes de la CFE-CGC SICTAM :
- aucune prime exceptionnelle ;
- un budget d’augmentation limité à 1,9 % ;
- un point d’indice toujours gelé.
Le syndicat a signé un procès-verbal de désaccord tout en sécurisant la prolongation du dispositif des « fins de ligne », afin de préserver les droits des salariés concernés.
Juin 2026 : un signal fort
Le 19 juin, près de 250 salariés du centre DAM de Bruyères-le-Châtel ont participé à un débrayage.
Un événement suffisamment rare pour être relayé par la presse nationale.
Les revendications sont connues de tous : retrouver une véritable politique salariale après plus de quinze années de stagnation.
Juillet : la mobilisation se poursuit
Le 9 juillet, c’est le centre du Ripault qui s’est mobilisé.
À l’appel d’une intersyndicale, environ 150 salariés ont cessé le travail pendant une heure.
Cette action confirme que les revendications dépassent désormais largement un seul établissement : elles concernent l’ensemble des centres du CEA.
Et Grenoble ?
Le centre de Grenoble n’échappe évidemment pas à cette réalité.
Chaque salarié constate les effets du gel du point d’indice sur son pouvoir d’achat, tandis que les exigences, les responsabilités et les attentes envers les équipes continuent de progresser.
Dans un contexte où le CEA doit attirer et fidéliser des compétences scientifiques, techniques et d’ingénierie de haut niveau, une politique salariale ambitieuse est aussi une condition de son attractivité.
La CFE-CGC SICTAM reste mobilisée. Notre organisation poursuit son action sur tous les fronts :
- dans les négociations nationales ;
- auprès de la Direction ;
- au sein des sections locales ;
- aux côtés des salariés lorsque des actions collectives sont nécessaires.
Notre objectif reste inchangé : obtenir une reconnaissance durable du travail des salariés du CEA.
Parce que l’engagement des personnels mérite davantage que des remerciements. Il mérite une véritable reconnaissance salariale.
Les dates clés
2009-2010
Dernière revalorisation du point d’indice du CEA.
2022
Accord salarial obtenu après une mobilisation nationale.
Décembre 2025
Échec des NAO selon la CFE-CGC SICTAM.
Janvier 2026
La CFE-CGC SICTAM présente ses revendications pour les négociations sociales.
19 juin 2026
Débrayage au centre DAM de Bruyères-le-Châtel.
9 juillet 2026
Débrayage intersyndical au CEA Le Ripault.
La CFE-CGC SICTAM Grenoble continuera à défendre une politique salariale juste, transparente et durable, afin que les compétences et l’engagement des salariés soient enfin reconnus à leur juste valeur.
