Madame l’Administratrice Générale, Madame la Directrice de la DRT, Mesdames et Messieurs,
Les élus souhaitent intervenir à la suite de la présentation réalisée le 2 février 2026 à Grenoble
concernant le cadrage du projet de réorganisation de CEA Tech en région, et plus particulièrement la
situation des PRTT.
Les élus partagent pleinement l’importance de la mission confiée à ces structures : contribuer à la
compétitivité industrielle, favoriser le transfert technologique vers les filières régionales et diffuser les
technologies génériques développées au sein du CEA.
Cependant, plusieurs éléments du cadrage présenté soulèvent des interrogations importantes, tant
sur le fond que sur la méthode de préparation de cette réorganisation.
Le premier point concerne l’absence, à ce stade, d’une vision stratégique clairement explicitée à
moyen terme pour les activités régionales de CEA Tech.
La présentation rappelle la mission générale de l’institut CTREG, mais elle ne permet pas de
comprendre quelle est la trajectoire industrielle et scientifique visée pour les PRTT, quels sont les
domaines prioritaires dans lesquels le CEA souhaite renforcer son positionnement, ni comment ces
plateformes doivent évoluer dans l’écosystème national et régional de l’innovation.
Autrement dit, nous voyons apparaître des mesures organisationnelles, mais la stratégie qui devrait
les sous-tendre reste encore largement indéterminée.
Pour les salariés, qui sont profondément attachés à la mission de transfert technologique du CEA, cette
absence de lisibilité stratégique nourrit des interrogations et beaucoup d’inquiétudes.
Le cadrage présenté s’appuie ensuite sur plusieurs constats :
- la baisse des subventions des collectivités territoriales,
- une pression accrue sur les financements internes du CEA,
- un portefeuille industriel jugé insuffisant,
- un nombre de thématiques élevé au regard des effectifs,
- une perte de sens ressentie par les salariés,
- et un déficit cumulé d’environ 5 millions d’euros sur trois ans.
- Les élus ne contestent pas la réalité de certaines difficultés. En revanche, nous constatons que les fondements analytiques de ces constats restent encore insuffisamment explicités.
Par exemple, lorsqu’il est indiqué que le portefeuille industriel est faible, il serait nécessaire de préciser
par rapport à quels objectifs ou indicateurs de référence ce constat est établi, quels moyens ont
réellement été mobilisés pour le développement industriel, et comment se situent les PRTT par rapport
à d’autres structures comparables.
De la même manière, la perte de sens évoquée chez beaucoup de salariés des PRTT mérite d’être
mieux documentée et partagée.
Ces éléments sont essentiels pour que les représentants du personnel puissent analyser la situation
sur des bases objectives et partagées.
La réorganisation présentée est aujourd’hui très orientée vers la réduction des coûts.
Les groupes de travail présentés portent principalement sur l’analyse selon des indicateurs parfois
déséquilibrés des activités thématiques, l’optimisation de l’organisation, et la réduction des coûts de
structure.
Les objectifs évoqués, diminution des coûts fixes, rationalisation, optimisation du fonctionnement,
traduisent clairement une logique de maîtrise budgétaire. Mais qu’en est-il des salariés ?
Dans le même temps, la direction indique que la réorganisation doit renforcer la capacité de l’institut
à accomplir sa mission, améliorer son attractivité, et ouvrir des perspectives mobilisatrices.
Les élus souhaitent souligner qu’une transformation principalement guidée par la réduction des coûts
peut difficilement, à elle seule, répondre aux enjeux de développement scientifique et industriel qui
sont au coeur de la mission du CEA, sans y associer étroitement les salariés.
La question qui se pose est donc la suivante :
Où est la dynamique de développement qui doit accompagner cette réorganisation ?
Enfin, les conséquences potentielles pour les salariés doivent être pleinement prises en compte.
Plusieurs pistes évoquées dans les groupes de travail concernent l’évolution des fonctions support,
l’organisation du développement des partenariats industriels, et l’optimisation des bâtiments et des
installations.
Certaines hypothèses, notamment des déménagements, des regroupements d’activités ou l’abandon
de certains sites, pourraient avoir des conséquences importantes pour les salariés.
Ces sujets ne peuvent pas être abordés uniquement sous un angle technique ou immobilier. Ils
touchent directement aux conditions de travail, aux équilibres de vie des salariés, aux trajectoires
professionnelles, et à l’ancrage territorial des activités.
Les élus considèrent donc que ces questions doivent faire l’objet d’un dialogue social approfondi et
anticipé, afin d’éviter que des décisions structurantes soient prises sans une analyse complète de leurs
impacts humains.
Pour les élus, le projet présenté met en évidence des contraintes budgétaires réelles et la nécessité de
rétablir une trajectoire financière soutenable.
Cependant, plusieurs points essentiels restent aujourd’hui insuffisamment clarifiés :- l’absence d’une vision stratégique clairement formulée à moyen terme pour CEA Tech en
région ; - des constats qui demandent à être davantage étayés et objectivés ;
- une approche de la transformation très centrée sur la réduction des coûts ;
- et des impacts des choix d’organisation pour les salariés qui restent encore insuffisamment
discutés.
Dans ce contexte, les élus demandent : - un partage avec les salariés des critères des analyses de la situation,
- une transparence sur la stratégie globale concernant l’avenir des PRTT et de CTREG ;
- et un dialogue social tout au long de la construction de ce projet auxquels les élus du CN seront
particulièrement attentifs
C’est à ces conditions que les évolutions envisagées pourront être comprises, discutées et, le cas
échéant, accompagnées par les salariés qui font vivre au quotidien la mission de transfert
technologique du CEA.
